
Stéphane Montmailler. Septembre / Octobre 2024

Cou-Tors et la Commune à Saint-Etienne

Cou-Tors
Stéphane Monmailler
Sérigraphies sur papier sur le thème de Cou-Tors.
Né le 23 août 1837, mort le 1er février 1911 à Saint-Étienne (Loire) ; cordonnier et marchand ambulant ; anarchiste et membre de la Commune à Saint-Étienne (Loire).
Sans doute Étienne Faure est-il le dénommé Faure qui, en novembre 1867, présenta le projet de constitution de la société des ouvriers cordonniers pour la confection de la chaussure, et qui dirigea la grève des cordonniers de 1868. Sans doute s'agit-il aussi du dénommé Faure qui, en février 1870, fut l'un des fondateurs du Cercle des travailleurs où dominaient les libres penseurs.
Quoi qu'il en soit, au début de 1871, Faure militait au Club de la rue de la Vierge, à Saint-Étienne, centre des révolutionnaires animés de l'esprit de l'Internationale. Le 24 mars, il faisait partie de la délégation qui se rendit à l'Hôtel de Ville, fit procéder à l'arrestation des autorités municipales et constitua le comité insurrectionnel. Faure reçut le poste de commissaire central de police municipale qu'il occupa pendant trois jours. À ce titre, il fit placarder une affiche appelant le peuple au calme en attendant l'élection d'une Commune.
« Ses états de services politiques, sa verve gouailleuse, son esprit inventif »avaient fait d'Étienne Faure « le type le plus populaire de Saint-Étienne ». Il fallait voir dans les concerts de famille avec quelle bonne humeur et quel entrain il organisait des rondes enfantines qu'il dirigeait « magistralement pour la plus grande joie des enfants ... et des parents, et cela, avec des chansons de Béranger ». Ainsi s'exprime à son sujet J.F. Gonon dans son Histoire de la chanson stéphanoise et forézienne, p. 379.
Quand il mourut à Saint-Étienne, le 1er février 1911, des militants et amis se cotisèrent pour acheter un cercueil à celui qui, durant une longue vie, s'en était allé « tout de bitors en faisant son droit chemin ».